Face à la dégradation de la situation économique de l’industrie française de l’ameublement et des panneaux à base de bois, organisations patronales et syndicales ont choisi de porter ensemble un diagnostic et dix propositions auprès des pouvoirs publics. Une démarche collective rare, que MADEiN Grand Est souhaite relayer auprès des entreprises de la filière.
Le 25 septembre 2026, L’Ameublement français, dans un article publié par Johanna François, a présenté la démarche engagée conjointement par L’Ameublement français, l’Unama, la CFDT, la CGT, FO et la CFE-CGC. Les organisations ont adressé aux décideurs publics un courrier commun accompagné de dix propositions, autour de trois enjeux : souveraineté industrielle, emploi dans les territoires et transition environnementale.
Cette prise de position commune intervient dans un contexte particulièrement tendu. Selon les données réunies par les organisations signataires, plus de la moitié des emplois du secteur ont disparu en 25 ans, dont plus de 2 500 au cours des trois dernières années. La rentabilité nette du secteur est passée de 4,2 % du chiffre d’affaires en 2021 à 2,5 % en 2024, tandis que les défaillances d’entreprises progressaient de 17 % sur douze mois à fin juin 2026, contre 4 % en moyenne dans l’industrie.
Trois priorités et dix propositions
Le diagnostic met notamment en avant la faiblesse persistante du marché immobilier, le niveau élevé d’épargne des ménages et la pression exercée par les importations à bas prix, notamment via certaines places de marché.
Les dix mesures proposées s’articulent autour de trois axes :
- Relancer la consommation de meubles en France : soutenir la reprise du marché immobilier ; permettre temporairement le déblocage d’une partie du PEL pour l’achat de meubles neufs ; faire davantage des marchés publics un levier pour les productions françaises en renforçant le poids des critères qualitatifs face au seul critère prix.
- Restaurer la compétitivité de l’industrie française : créer un avantage en faveur des offres répondant à des exigences environnementales et sociales élevées ; réduire certains impôts de production ; favoriser les investissements de modernisation et l’adoption de l’IA industrielle ; maintenir les dispositifs en faveur des métiers d’art et des EPV ; revoir la trajectoire des éco-contributions de la REP Ameublement.
- Garantir une concurrence loyale : renforcer les contrôles sur les produits importés et la coopération entre administrations, faciliter l’accès des filières aux outils européens de lutte contre le dumping et préserver l’accès de l’industrie du panneau à la ressource bois en privilégiant notamment le recyclage matière.
La force d’une filière qui parle collectivement
La portée de cette démarche tient aussi au fait que représentants des entreprises et organisations syndicales parlent ici d’une seule voix. La branche représente 40 000 salariés dans 14 400 entreprises, dont 75 % sont implantées hors des grandes métropoles.
Dans une période où les entreprises doivent faire face simultanément aux tensions de marché, aux enjeux de compétitivité et aux transformations réglementaires et environnementales, la capacité de la filière à se structurer et à porter des positions communes est essentielle.
Pour consulter la démarche complète et télécharger le courrier ainsi que le détail des 10 propositions :
Consulter l’article et les documents sur le site de L’Ameublement français
Source : L’Ameublement français – article de Johanna François, publié le 25 septembre 2026 ; documents communs de L’Ameublement français, de l’Unama, de la CFDT, de la CGT, de FO et de la CFE-CGC.










